Islam et islamisme


Une mise au point nécessaire…


Le but de CSI est la défense des droits de l’homme, notamment de la liberté de religion et de la dignité humaine. Notre activité principale consiste à apporter de l’aide aux victimes de la violence pour des motifs religieux.

Dans nos articles, nous désignons ouvertement les coupables. Quand nous évoquons un crime pour des motifs religieux, il est clair que nous ne voulons pas taire la religion du criminel, mais c’est pour mettre l’accent sur sa motivation extrémiste.

On nous pose régulièrement des questions concernant les termes employés dans nos articles pour parler de l’islam. Le français est une langue de nuances et il est parfois difficile de s’y retrouver. Si vous constatez des erreurs d’appréciations dans certains de nos textes, n’hésitez pas à nous écrire, il se peut qu’une coquille nous ait échappé. Voici quelques éclaircissements nécessaires :

L’islam est la religion fondée sur les normes coraniques et sur les préceptes instaurés par le prophète Mahomet.

Le musulman (anciennement nommé mahométan) est l’adepte de cette religion. Ces termes sont aussi employés comme adjectifs, ils sont neutres, sans aucune connotation extrémiste ou péjorative, au même titre que l’adjectif « islamique » !

Mais ces termes sont très proches de l’islamisme qui a un sens complètement différent. Il s’agit de l’interprétation radicale du Coran, axée sur une volonté d’expansion de l’islam et visant à l’islamisation complète et totale du droit, des institutions, du gouvernement, etc. Une telle approche est celle des mouvements extrémistes tels l’État islamique (EI), Boko Haram, Al-Shabbaab, etc., des groupes clairement islamistes (ce dernier terme peut également être employé de façon nominale). Notons encore que l’expansion de l’islam tel qu’il est préconisé par les islamistes passe par la guerre sainte (le djihad) et que les acteurs du djihad sont nommés les djihadistes (ou les islamistes).

Il est très important de faire cette distinction. Dans de nombreuses situations, comme par exemple en Syrie ou au Nigéria, ce ne sont pas seulement les chrétiens et d’autres minorités religieuses qui souffrent des agressions islamistes, mais aussi des musulmans. Les islamistes utilisent la violence et la terreur pour imposer leur idéologie. C’est là que réside le problème pour les victimes.

Il est donc évident que nous n’émettons pas de jugement de valeur général à l’égard des musulmans ou de l’islam, mais nous distinguons les adeptes d’une religion et leurs membres radicalisés, quelle que soit la religion concernée. Or cette différence est parfois difficile à percevoir dans le cas précis de l’islamisme, considérant la proximité phonétique avec l’adjectif « islamique » !