• Syrie

Une prévention cohérente contre la propagation du coronavirus

06 avril 2020

Officiellement, la Syrie n’a guère été touchée par la pandémie du coronavirus jusqu’à présent. Cependant, comme les soins médicaux dans ce pays déchiré par la guerre sont gravement touchés, des mesures de prévention cohérentes sont extrêmement importantes, explique le Dr Nabil Antaki, partenaire de CSI à Alep. Dans la deuxième plus grande ville de Syrie, le CSI soutient une campagne de distribution et d’éducation sur le coronavirus.



Afin de contenir la propagation du coronavirus, le gouvernement syrien a pris des mesures strictes. Dès le 13 mars 2020, par exemple, toutes les écoles ainsi que les frontières vers les pays voisins ont été fermées. Les restaurants, cafés et discothèques ont également fermé leur porte. De même, aucun événement culturel n’a lieu.

Les déplacements entre les différentes provinces syriennes ne sont possibles que de façon limitée. Depuis le 30 mars, un couvre-feu est également en vigueur dans tout le pays, de 18 heures à 6 heures du matin. En outre, le trafic aérien international n’est plus possible à l’aéroport de Damas.

Les mesures drastiques s’appliquent également aux régions kurdes du Nord-Est et aux régions du Nord-Ouest occupées par les rebelles islamistes.

Le premier cas du coronavirus : fin mars

Quiconque connaît ces mesures rigoureuses de protection contre l’infection par COVID-19 pourrait croire qu’il y a déjà des milliers de personnes infectées par le corona en Syrie. En réalité cependant, seuls 19 cas de contamination et 2 décès sont officiellement connus au 6 avril 2020. La première personne contaminée, une femme de 20 ans, qui était rentrée de l’étranger, a été enregistrée le 22 mars, donc environ quatre semaines plus tard qu’en Suisse (24 février).

Il est toutefois surprenant de constater que les Syriens suivent de très près les instructions strictes du gouvernement. En outre, de nombreuses personnes portent régulièrement des masques et des gants et utilisent des désinfectants pour les mains chaque fois que cela est possible.

Une pandémie comme celle qui sévit en Europe submergerait la Syrie

Comme l’a expliqué le Dr Nabil Antaki, partenaire de CSI, à la chaîne d’information RT-France, il y a de bonnes raisons pour que la population respecte strictement les mesures restrictives : « S’il y a une épidémie majeure en Syrie comme il y en a en Europe, la Syrie n’a pas les moyens d’y faire face, à cause de la guerre, à cause du manque des moyens. Je prends une ville comme Alep : s’il y a uniquement mille cas de COVID-19 à Alep qui est une ville de 2 millions d’habitants, eh bien, il y aura cent patients qui auront besoin d’être admis aux soins intensifs sous respiration assistée. Et nous n’avons pas, dans tout Alep, cent appareils de respiration artificielle. Donc c’est dire qu’il faut absolument juguler l’épidémie, il faut absolument prendre les mesures préventives… »

M. Antaki souligne également que davantage de personnes en Syrie doivent être testées pour le virus du corona, en particulier employés du système de santé publique et les membres de familles de patients contaminés par le coronavirus. Lui-même ne dispose pas des installations dans son hôpital d’Alep pour diagnostiquer les patients suspectés d’être porteurs d’un virus corona. « S’il y a un cas suspect dans mon hôpital, les échantillons seront envoyés à Damas pour confirmation. »

Nabil Antaki exige la levée des sanctions

Le strict respect des mesures contre la pandémie du coronavirus pose des défis encore plus grands au peuple syrien, déjà bien éprouvé à cause de la guerre. Le taux de chômage est élevé et les prix sont également en hausse. Les biens de consommation courante destinés à couvrir les besoins de base sont devenus encore plus rares. Les sanctions économiques internationales contre la Syrie, qui n’ont pas été approuvées par l’ONU, ont déjà poussé des milliers de Syriens à la ruine. La pandémie du corona a accru les effets dangereux des sanctions, avertit Nabil Antaki. Le partenaire de CSI souligne donc sans équivoque : « L’Union européenne et les États-Unis feraient bien de lever les sanctions contre la Syrie. »

Les programmes de CSI sont également concernés

Certains programmes CSI en Syrie sont également concernés par les dispositions relatives à la protection contre la propagation des coronavirus. Nos partenaires doivent être créatifs afin de poursuivre le travail de toute façon.

C’est le cas, par exemple, du travail d’Iskandar Agobian, partenaire de CSI, qui a ouvert un centre pour enfants et femmes à Wadi-ash Shater, dans la ville côtière de Tartous, en novembre 2019. Ce centre s’occupe de 80 enfants. De même, 15 femmes participent à des groupes de discussion psychothérapeutiques. Vingt autres femmes sont en train de suivre une formation de coiffeuse. En raison de la pandémie du corona, le centre a dû être fermé.

Cependant, notre partenaire syrien a maintenant trouvé une alternative de prise en charge. Sans plus attendre, il ouvre un nouveau centre à Al-Rastan, une ville située à 20 kilomètres au nord de Homs, qui a été durement touchée par la guerre. Comme Iskandar ne peut pas y aller lui-même, il a embauché deux femmes d’Al-Rastan, qui s’occupent maintenant de dix enfants chacune, les forment au dessin et à la conception visuelle et leur fournissent ainsi une occupation raisonnable dans cette période de confinement. Plusieurs petits chefs-d’œuvre ont déjà été créés de cette manière.

Iskandar distribue également aux enfants pris en charge à Tartous du matériel de peinture pendant le confinement afin qu’ils puissent poursuivre leurs activités créatives à la maison. En outre, il reste en contact avec son équipe par le biais des réseaux sociaux. Les femmes qu’il a embauchées continuent à recevoir leur salaire.

CSI soutient les efforts de lutte contre la pandémie

Dans la lutte contre la propagation de la pandémie du coronavirus en Syrie qui, selon le Dr Nabil Antaki, aurait des conséquences fatales pour son pays, CSI soutient les activités de la communauté protestante arménienne d’Alep. Les partenaires locaux distribuent de la nourriture et des médicaments aux personnes qui vivent aujourd’hui une misère encore plus grande à cause du confinement. En outre, la communauté organise des ateliers pour sensibiliser la population aux dangers de COVID-19, leur enseigne les règles de conduite les plus importantes pour se protéger contre les infections et distribue des masques faciaux ainsi que des savons et des désinfectants.

La communauté protestante arménienne est également très active dans le travail de prévention numérique contre la propagation du coronavirus. Elle a également procédé à une désinfection à grande échelle de leur église Béthel et des environs. Et à la polyclinique évangélique arménienne « Bethel » d’Alep, l’équipe médicale aborde de manière très professionnelle le danger d’une éventuelle propagation de COVID-19. L’équipe est également en contact permanent avec les autorités sanitaires. Les patients souffrant de symptômes du coronavirus et d’autres maladies reçoivent des soins médicaux gratuits.

Reto Baliarda

Sources : Partenaires de CSI, RT-France, Wikimedia

L’interview du Dr Nabil Antaki sur la chaîne d’information RT France.

Ici, vous pouvez faire un don pour les victimes les plus vulnérables de la pandémie du coronavirus. Merci de tout cœur ! 

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