• Inde

Une communauté villageoise torture à mort un chrétien

26 avril 2017

Le 20 janvier 2017, le chrétien Bartu Urawn (50 ans) de l’État fédéré indien du Jharkhand est mort des suites d’une terrible torture. Lui et son épouse refusaient de renier leur foi chrétienne. Leurs voisins les ont ligotés et les ont immergés dans un étang froid en fixant leur cou au niveau de l’eau. Ce supplice a duré dix-sept heures.



Bartu Urawn et sa famille ont supporté régulièrement la persécution et les pires traitements dans leur village de Kubuaa durant trois ans. Cette torture ignoble en est l’aboutissement. Il faut savoir qu’à Kubuaa, la « religion des forêts saintes » Sarna Dharam est pratiquée et que ses adeptes offrent du sang à une divinité.

Enfermés pendant plusieurs heures

Quelques jours avant ce crime atroce, Bartu Urawn a été contraint par la communauté villageoise à participer à une cérémonie religieuse au cours de laquelle un animal a été sacrifié. Ils ont forcé l’homme de 50 ans à boire le sang de l’animal abattu et de la liqueur fermentée.

L’épouse, les fils et les belles-filles de Bartu ont aussi été victimes de violence au village : un jour, une foule les a enfermés pendant plusieurs heures dans leur propre maison. Ils ont même pollué l’eau potable de la famille Urawn, objet constant de leurs menaces.

Démonstration de cruauté

Or, la marginalisation sociale, les menaces et les sévices qui ont duré de nombreuses années n’ont pas pu détourner la famille Urawn de sa foi chrétienne. La communauté villageoise de Kubuaa n’a pas supporté leur ténacité. Début janvier 2017, le soir approchant, une foule furieuse de 15 à 20 villageois s’est ruée sur Bartu Urawn et l’a apostrophé en lui promettant que les démons ne le laisseraient pas vivre. 

La foule a attaché les mains de Bartu et de son épouse. Ensuite, ils ont été immergés jusqu’au cou dans un étang gelé. Finalement ils ont fixé leur cou au niveau de l’eau de sorte que le couple n’avait aucune possibilité d’en sortir.

Le père est resté ferme

Beneswar, le fils de Bartu, était témoin de l’atroce torture que ses parents subissaient. « Je ne pouvais presque plus supporter ce spectacle cruel. Durant toute la nuit, j’ai dû regarder mes parents geler dans l’eau très froide, tout en subissant d’atroces douleurs. Les villageois demandaient encore et encore à mon père s’il était prêt à abandonner sa foi chrétienne et à retourner dans la communauté Sarna. Mais mon père leur répondait toujours qu’il tiendrait ferme sa foi en Jésus jusqu’à son dernier souffle. »

L’hypothermie a mené à la paralysie et à la mort

À 10 heures le lendemain matin, les villageois ont tiré le couple hors de l’eau, mais ils ont continué à les harceler pour qu’ils finissent par abjurer leur foi. La communauté villageoise n’a abandonné ce projet qu’après avoir réalisé que tous les deux étaient complètement anéantis par la torture nocturne. La femme s’est rétablie au bout de quelques jours, mais Bartu a commencé à ressentir les premiers symptômes de la paralysie. Ces symptômes se sont aggravés, à tel point qu’il ne pouvait plus bouger ses mains, ni ses jambes le 20 janvier. C’est ce même jour que Bartu Urawn est décédé, raconte son fils Beneswar.

Mais même cette terrible tragédie n’a pas découragé la communauté villageoise qui a continué à s’acharner sur la famille Urawn. Les villageois ont empêché Beneswar d’enterrer son père. Armés de gourdins, ils ont entouré le cadavre et ont ainsi menacé le fils de leur victime. Grâce au soutien de quatre chrétiens, Beneswar a pu emporter le corps de son père le lendemain et l’inhumer dix kilomètres plus loin. 

Après l’enterrement, la famille est rentrée à Kubuaa. À leur arrivée, les villageois les ont sommés de préparer un repas pour tous, selon le rite de Sarna Dharam. Beneswar a refusé et a répondu qu’au lieu de cela, il ferait une rencontre de prières. Les villageois se sont alors mis en colère et ont menacé de le tuer de la même manière qu’ils avaient tué son père. La famille de Beneswar a juste eu le temps de s’enfuir et de trouver refuge dans un village éloigné de 35 kilomètres.

Climat d’angoisse malgré des « négociations pour la paix »

Des parents du défunt ont alerté la police. « Mais celle-ci a qualifié l’incident de mort naturelle », raconte Beneswar. La police a proposé d’organiser le 2 février 2017, des « négociations pour la paix » à Kubuaa, et a demandé aux villageois responsables de laisser en paix cette famille chrétienne. Depuis ces interventions, la famille Urawn est rentrée à Kubuaa. Mais la peur de nouvelles attaques demeure.

La famille Urawn s’était convertie à la foi chrétienne il y a dix ans. À l’époque, d’autres familles étaient devenues chrétiennes. Mais à cause de menaces, de marginalisation et de persécution, sept familles sont retournées à la religion de leurs ancêtres (Sarna Dharam).

Reto Baliarda


Source : Morningstarnews


Sarna Dharam

Sarna Dharam est la religion de la tribu des Adivasi, qui vit surtout dans les États fédérés du centre-est de l’Inde. Le Jharkhand est l’État fédéré de l’Inde où vivent la majorité des adeptes de Sarna Dharam. On estime leur nombre à 4,22 millions. Dans l’État fédéré voisin de l’Odisha vivent entre 500 000 et 1 million d’adeptes de Sarna Dharam. Ils croient en un Dieu créateur, vénèrent la Terre Mère, la nature et l’« arbre mondial ». Leur religion est aussi nommée la « religion des forêts saintes ». wiki

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