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«Nous voulons seulement vivre notre foi»

17 mai 2017

Dans l’État fédéré du Chhattisgarh, les minorités, à commencer par les chrétiens, expérimentent l’oppression, les fausses accusations et les attaques physiques au quotidien. Deux pasteurs racontent de leur vécu.



Lors de leur dernier voyage pour CSI en février 2017, Inés Wertgen et Corinne Germann ont rencontré des collaborateurs sur place, deux pasteurs qui subissent régulièrement des attaques et des menaces de la part d’extrémistes hindous. Pour cet entretien, les pasteurs Kumari* et Khan* sont venus dans un hôtel à Raipur, la capitale du Chhattisgarh. Il aurait été trop dangereux pour des Européens, mais surtout pour eux, que cette visite ait lieu dans leur région.

Pasteur Kumari : « Des chrétiens ont été gravement blessés »

« Depuis plusieurs années, nous subissons régulièrement des menaces. Souvent, les services religieux sont tellement perturbés que nous les interrompons pour nous enfuir. Ce qui m’attriste le plus, c’est que je connais bien les agresseurs. J’essaie régulièrement de leur expliquer que nous voulons simplement célébrer un service religieux et que nous n’avons pas pour but de convertir des hindous. »

Mais fin 2014, une foule d’extrémistes hindous en furie a littéralement attaqué les fidèles lors d’un service religieux. On relève de nombreux blessés graves et dix d’entre eux ont dû être hospitalisés. Jusqu’à ce jour, aucun des agresseurs n’a été inculpé, les cas sont toujours en suspens. Même si actuellement, la paix est rétablie, ce calme est relatif : la tension et la peur de nouvelles attaques sont omniprésentes », déclare le pasteur Kumari.

Pasteur Khan : « Nous ne pouvons pas rentrer »

« Après plusieurs affrontements avec des membres du RSS (Organisation patriotique nationale), qui n’arrêtaient pas de nous tracasser et de nous menacer, nous avons finalement été invités à nous présenter au poste de police mi-2016 », raconte le pasteur Khan. En chemin vers le poste de police, le groupe de chrétiens est passé par une petite forêt où ils ont été arrêtés et roués de coups par des membres du RSS. Lorsque les fidèles blessés ont atteint le poste de police, ils ont à nouveau été cruellement battus. Quelques-uns ont pu fuir, mais plusieurs d’entre eux ont été arrêtés. « C’était un cauchemar, nous avions une peur bleue. Ils avaient même capturé mon épouse. Nous n’avions aucune idée ce qu’ils voulaient faire de nous », raconte le pasteur Khan.

Après trois jours de prison, les chrétiens ont été libérés. Jusqu’à aujourd’hui, les criminels n’ont pas été inculpés. « Depuis ces attaques, nous vivons en famille dans un autre lieu, nous ne pouvons pas rentrer au village. Nous devons examiner les possibilités qui s’offrent à nous pour le futur. Mais nous sommes reconnaissants d’être soutenus par ces avocats. Sans eux, nous n’aurions jamais porté plainte et nous n’oserions pas nous défendre. Le fait de savoir qu’ils s’impliquent dans notre lutte nous donne du courage et de l’espoir », termine le pasteur Khan.

Inés Wertgen

* Nom fictif

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