• Nigéria

Monsieur Guterres, nous devons empêcher un génocide !

26 mai 2020

Alors que chez nous, le coronavirus fait la une des journaux, la violence règne au Nigéria. Des combattants peuls islamistes attaquent sans répit des villages chrétiens en répandant la mort et la désolation. CSI interpelle le secrétaire général de l’ONU.



Shortcode: 


Demandez au secrétaire général de l’ONU d’empêcher un génocide des chrétiens au Nigéria !

His Excellency
António Guterres
Secretary-General of the United Nations UN Headquarters
405 East 42nd Street
New York
NY, 10017
USA

Mr. Secretary-General,

Earlier this year, Christian Solidarity International issued a Genocide Warning in response to the rising tide of Islamist violence directed against Nigerian Christians and others in the country’s northern and Middle Belt regions. It followed an urgent request for help from the Christian Association of Nigeria whose president, Samson Ayokunle, warned that «Christians have become an endangered species in their own country». You will find similarly urgent appeals by other Nigerian voices under the Commentaries section on www.nigeria-report.org. The ever deteriorating situation requires your immediate attention. I kindly ask you to give Nigeria the highest priority.

Yours sincerely,

Au début de cette année, Christian Solidarity International a lancé une alerte au génocide. Nous avions ainsi réagi à la recrudescence des violences islamistes contre les chrétiens nigérians (et les autres personnes) dans le nord et le centre du Nigéria. L’alerte au génocide procède d’un appel à l’aide urgent de Samson Ayokunle, président de la Christian Association of Nigeria. Il a averti que les chrétiens étaient en danger de mort dans leur propre pays. Vous trouvez d’autres appels urgents de la même nature qui émanent de différentes voix nigérianes dans la rubrique Commentaries sur www.nigeria-report.org.
La situation se détériore constamment et requiert votre attention immédiate. Je vous prie respectueusement d’accorder une priorité au Nigéria.


* case obligatoire



En dépit de la situation sanitaire internationale, les combattants peuls islamistes poursuivent leur campagne d’anéantissement des chrétiens et attaquent leurs villages. Dans le Nord-Est, ce sont les groupes terroristes Boko Haram et ISWAP (État islamique en Afrique de l’Ouest) qui continuent à semer la terreur.

Trois attaques en un jour

Le 1er avril 2020 a été un jour particulièrement sombre, comme nous le relate Morning Star News : des Peuls islamistes ont attaqué simultanément trois villages chrétiens de la tribu des Irigwe dans la zone de gouvernement local (LGA) de Bassa (État fédéré de Plateau). À Hukke, sept chrétiens ont été assassinés et vingt-quatre maisons incendiées. À Nkiedoro, les combattants peuls ont bouté le feu à quinze maisons. À Ancha, ils ont tué trois chrétiens.

Sunday Abdu, président de l’Irigwe Development Association, appartient à la tribu irigwe. Il est désespéré : « Alors que nous nous conformons aux règles du gouvernement relative au Covid-19 et que nous restons à la maison, les bergers peuls continuent à semer le chaos quotidiennement dans nos villages au cours des deux dernières semaines. »

« Des bergers meurtriers qui ne craignent ni Dieu ni hommes »

Dans les plus hautes sphères politiques nationales, l’indignation est aussi de mise : Istifanus Gyang, sénateur au Parlement nigérian et vice-président de la commission de défense du Sénat, déplore : « C’est triste et inquiétant : alors que tous les pays, dont le Nigéria, luttent pour juguler le fléau du coronavirus, les bergers peuls continuent à attaquer des villages impuissants et à semer la mort […]. En un temps où l’humanité entière doit se réinventer et recherche Dieu dans la prière, notamment pour surmonter le coronavirus, ces bergers meurtriers ne ressentent aucune crainte de Dieu et n’ont aucun respect pour la vie. »

« Seule, enceinte et avec deux petits enfants »

Dans le courant du mois d’avril 2020, des milices peules ont attaqué de nombreux autres villages. Plusieurs dizaines de chrétiens ont été tués. Nos partenaires se sont rendus dans le village de Ngbrazongo (également dans la LGA de Bassa) qui a été attaqué le 4 avril. Les islamistes peuls y ont tué quatre chrétiens, dont un adolescent et le pasteur du village ; c’est en larmes que son épouse Rose Matthew (25 ans) s’est confiée à notre partenaire :

« Je suis extrêmement choquée par le meurtre de ces innocents. Je suis maintenant seule, enceinte et avec deux enfants dont je dois prendre soin. Mais j’en suis incapable, je suis terrassée par la mort de mon cher mari. » Rose Matthew demande nos prières et espère recevoir de l’aide dans cette situation difficile. En effet, il faut savoir qu’après avoir déménagé chez ses beaux-parents espérant y trouver un semblant de sécurité, des milices peules ont également attaqué leur village le 19 avril 2020. Rose est à nouveau sans domicile.

Appel à l’ONU

CSI essaie d’aider autant de victimes que possible. Mais presque quotidiennement, de nouveaux villages sont attaqués et de nouvelles familles sont anéanties. L’aide humanitaire peine à lutter contre cette tragédie.

En janvier 2020, CSI a publié une alerte au génocide et demandé au Conseil de sécurité de l’ONU d’agir pour empêcher un génocide au Nigéria. Au moyen de la carte ci-jointe, nous vous invitons à demander au secrétaire général de l’ONU António Guterres de s’engager personnellement. Adama Dieng, son conseiller spécial pour la prévention du génocide, doit accorder une priorité urgente à la situation au Nigéria.

Adrian Hartmann | Reto Baliarda

Veuillez donner votre avis sur cet article !

Nous serions heureux que vous nous fassiez part de vos réactions ou de vos ajouts. Tout commentaire hors sujet, abusif ou irrespectueux sera supprimé.

Le commentaire a été envoyé.

Le commentaire a été envoyé. Après avoir été vérifié par l'administrateur, il sera publié ici.

Programme Nigéria