Mahmud | La religieuse et les chewing-gums

18 septembre 2018

Mahmud, de la ville d’Alep, est âgé de 10 ans. Il a perdu l’un de ses parents et s’est enfui avec le reste de sa famille sur la côte méditerranéenne. Ici, il tente de gagner de l’argent comme vendeur de chewing-gums. Grâce à sa rencontre avec sœur Marie-Rose, partenaire de CSI, Mahmud fréquente un centre d’études où il a aussi appris à lire et à écrire.



Extrait du nouveau livre de sœur Marie-Rose : « Mahmud | La religieuse et les chewing-gums », p. 101-104.

Iskandar et son amie originaire de Suisse ont monté un centre d’études. Avec le soutien d’une équipe dynamique, ils y enseignent notamment l’arabe, l’anglais, le français et les mathématiques à environ cent cinquante enfants. Mais la formation proposée comprend également des activités périscolaires comme des ateliers de peinture et de chant, et des sorties « pique-nique ».

Un jour que je me rendais au centre, je croisai sur ma route un garçon d’une dizaine d’années, qui avait de magnifiques cheveux bruns. Un beau sourire illuminait son visage, et l’on pouvait lire dans son regard une grande détermination. Il était assis au coin d’une rue, une boîte de chewing-gums à la main. Avec assurance, il m’interpella :

« Vous voulez un chewing-gum ?
– Ça coûte combien ? lui répondis-je.
– Pour le prix, c’est vous qui décidez. Et ça peut être gratuit si vous n’avez pas d’argent.
– Si, si, j’ai quelque chose à te donner. Mais… combien les gens te donnent-ils d’habitude ?
– Entre 50 livres et 500 livres syriennes (soit entre environ 8 centimes et 80 centimes d’euro).
– Tu ne vas pas à l’école ?
– Non, je ne suis jamais allé à l’école.
– Pourquoi donc ?
– Parce que je dois travailler.
– Ton père ne travaille pas ?
– Non, mon père, il est mort.
– D’où viens-tu ?
– D’Alep.
– Et tu vis où maintenant ?
– Ici, dans cette maison.
– Avec qui ?
– Avec ma mère et mes trois frères.
– Et de quoi vivez-vous ?
– Mon grand frère et moi, on vend des chewing-gums.
– Et ça suffit pour vous faire vivre ?
– On travaille une dizaine d’heures par jour et les gens sont souvent généreux. C’est assez pour le loyer et la nourriture.
– Et ta mère ? Elle travaille aussi ?
– Non, elle doit s’occuper de mes petits frères.
– Tu voudrais aller à l’école ?
– Bien sûr, mais comment pourrais-je alors aider ma mère à subvenir aux besoins de la famille ?
– Bon, pour le moment, je vais te prendre un chewing-gum. Tiens, voici tout l’argent que j’ai sur moi.
– Merci ! Mais… pourquoi êtes-vous habillée bizarrement ?
– Parce que je suis religieuse.
– Religieuse ? Qu’est-ce que ça veut dire ?
– Je t’expliquerai une autre fois. Au fait, tu t’appelles comment ?
– Mahmud. Et vous ?
– Marie-Rose.
– Marie… quoi ? Quel drôle de prénom !! »

Depuis notre rencontre, Mahmud se rend trois fois par semaine au centre d’études d’Iskandar. Habituellement, le centre ouvre à 10 heures, mais chaque matin, Mahmud est là dès huit heures et demie. À présent, il sait pratiquement écrire, et en plus, il s’est fait de nombreux amis. Une fois les cours terminés, Mahmud aide à nettoyer les locaux. En parallèle, il continue de vendre des chewing-gums avec son grand frère, bien que je leur donne une aide financière pour le loyer.

Au cours de sa dernière visite à Tartous, John Eibner de CSI est allé faire un tour au centre d’études. Mahmud était présent. Après le départ de John, Mahmud demanda à Iskandar :

« Mais il parlait quelle langue, ce bonhomme ? Je n’ai pas compris un mot ! »
Et Iskandar de lui répondre :
« C’était de l’anglais ! »

Depuis, Mahmud aimerait bien apprendre aussi l’anglais.

Cependant, deux grands mystères trottent encore dans la tête de Mahmud : qu’est-ce que c’est, une « religieuse » ? Et pourquoi ce prénom si bizarre qu’il n’arrive toujours pas à prononcer correctement ?


Une lecture recommandée et une idée de cadeau !

Le livre de sœur Marie-Rose est paru en septembre 2018. Vous pouvez le commander auprès de CSI-France.


Offres variées dans le centre d’études

Le centre d’études que Mahmud fréquente est géré par Iskandar, un ami de sœur Marie-Rose. Environ cent cinquante enfants y apprennent l’arabe, l’anglais, le français, les mathématiques et d’autres matières. En outre, des activités de loisirs sont proposées, comme la peinture, le chant et des excursions. Iskandar peut compter sur l’aide d’une équipe solide. CSI soutient ce centre d’études pour donner une perspective d’avenir aux enfants traumatisés par la guerre.

 

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