Libération de 82 garçons en collaboration avec les autorités

27 septembre 2017

En Inde, la traite des êtres humains est largement répandue, notamment dans les régions dangereuses contrôlées par les maoïstes. Grâce au travail courageux des partenaires locaux de CSI, 82 jeunes kidnappés ont pu être libérés des griffes des trafiquants maoïstes.



Depuis les années 1960, des groupes maoïstes sont actifs dans diverses parties de l’Inde. Ils engagent une véritable lutte armée contre l’État indien et se rendent régulièrement responsables d’attaques terroristes. Les régions qu’ils contrôlent sont réputées très dangereuses. La police et les représentants des autorités ne s’y risquent pas, de peur d’être mis à mort très rapidement. Les trafiquants d’êtres humains ont donc le champ libre pour accomplir leurs méfaits et de nombreux enfants disparaissent sans laisser de traces.

Peu de personnes ont accès à ces régions redoutables, mais grâce au fait que plusieurs de nos partenaires y ont grandi, ils peuvent ouvrir à nos équipes un accès relativement sûr et CSI peut effectuer un travail de prévention important. Nous avons ainsi organisé plusieurs conférences dans les écoles ainsi que des animations de groupes d’entraide.

À la fin de l’année dernière, nos partenaires locaux ont pu mener à bien une vaste opération de sauvetage qui a permis la libération de 82 garçons ! Ces jeunes étaient tenus captifs dans le but de les envoyer travailler de force dans une briqueterie, ou pour être formés comme enfants-soldats maoïstes. Un organisme public local, le CWC (Child welfare committee : Comité pour le bien de l’enfant) a eu connaissance du lieu de détention de manière informelle. Mais en tant qu’institution étatique, le CWC n’était pas habilité à organiser une action de libération dans cette région. Raison pour laquelle il a pris contact avec nos partenaires CSI en leur demandant un soutien logistique. Quelle joie immense lorsque ces 82 jeunes gens ont été libérés !

Les autorités s’occupent des jeunes libérés

Nous avons souvent constaté que les autorités n’étaient pas intéressées aux victimes de la traite des êtres humains. Il est donc d’autant plus réjouissant pour nous de voir que les choses évoluent de manière positive, puisque le CWC s’est non seulement préoccupé du sort de ces 82 jeunes, mais qu’il l’a encore manifesté de manière concrète en mettant à disposition un terrain pour permettre leur réhabilitation. Certes, les bâtiments n’ont encore qu’un équipement rudimentaire, mais une perspective complètement nouvelle semble s’ouvrir enfin. Les autorités ont même mis à disposition des fonds pour que le bâtiment soit rendu fonctionnel à tous égards.

Beaucoup de ces garçons ne savent ni lire ni écrire et n’ont jamais connu un cadre structuré ; le directeur du foyer leur porte donc une grande attention. La plupart d’entre eux suivent des cours d’alphabétisation afin de pouvoir, dans un deuxième temps, rejoindre l’école. Le directeur met un grand accent sur le sport et la musique ; il explique : « Ces deux matières jouent un rôle important pour guérir d’un traumatisme. »

Favoriser la collaboration avec les organismes publics

En 2013, en collaboration avec nos partenaires locaux, nous avons mis en place un programme visant à contrecarrer la traite des êtres humains en Inde. La prévention, la libération des captifs et leur réintégration sont les trois piliers de notre travail.

Mais c’est la première fois qu’un organisme étatique sollicite l’aide de nos partenaires CSI. Notre équipe a été également mandatée par le CWC d’autres États fédéraux indiens pour mener de telles actions dans les régions sous contrôle maoïste. Nous sommes heureux à la perspective de pouvoir intensifier à l’avenir notre collaboration avec les autorités. Notre objectif est de faire qu’elles reconnaissent de mieux en mieux notre travail. En effet, plus les acteurs qui luttent contre le réseau de la traite des êtres humains seront nombreux, plus grande sera l’efficacité de notre lutte. Dans cette perspective, la participation d’organismes étatiques est cruciale.

Des victimes retrouvent une nouvelle vie

Au cours des dernières années, CSI et ses partenaires indiens ont réussi à sauver plus de 300 jeunes du travail forcé. Plusieurs d’entre eux ont pu être ramenés dans leurs familles.

Malheureusement, il y a aussi de nombreux enfants qui doivent être suivis d’une manière toute particulière, et ce pour différentes raisons. Leur soutien est financé par CSI.

Dans ces cas particuliers, c’est une joie immense de voir leur développement depuis leur libération. Lors du premier contact, il est presque impossible de leur parler et le langage de leur corps est choquant. Mais grâce au programme CSI mis en place ces dernières années, plusieurs de ces enfants ont déjà pu être accompagnés dans la liberté. Nous les voyons peu à peu gagner en confiance, tant à l’égard des collaborateurs qu’en eux-mêmes.

Neuf filles sont par exemple actuellement hébergées dans un couvent. Elles y trouvent protection, amour et soutien psychologique et elles ont accès à une nourriture saine et à une formation scolaire. Nous visitons ces filles chaque fois que nous nous rendons en Inde et nous sommes heureux de voir que le travail de réintégration porte ses fruits.

Inés Wertgen, responsable CSI pour l’Inde

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