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Les médias rapportent : les valeurs démocratiques sont menacées

16 juillet 2016

Dans différents domaines, l’Inde fait l’expérience d’une répression et d’une violence croissantes. Les plus touchés sont les droits de l’homme, la liberté de religion et la liberté de la presse. Mais malgré les restrictions, de plus en plus de médias font état des événements actuels en Inde.



« La situation des droits de l’homme en Inde se détériorera de plus en plus si l’actuel gouvernement de Narendra Modi n’entreprend pas de démarches pour soutenir le droit et la protection de la population civile et la liberté d’expression », déclare John Sifton de Human Rights Watch

Se taire et ignorer

Dans différents récits médiatiques, un bon nombre de juristes, d’activistes et de journalistes déplorent la passivité du gouvernement actuel envers les violations des droits de l’homme, ce qui motive les groupes extrémistes à perpétrer la violence contre les minorités. « Il est vrai que le gouvernement indien ne participe pas directement aux actes de violence perpétrés contre les minorités. Mais le silence des autorités et du Premier ministre Narendra Modi est devenu ‹ assourdissant › », selon le responsable d’International Christian Concern.  En d’autres termes : le gouvernement actuel accepte tacitement les violations des droits de l’homme contre les minorités. De plus, différents domaines publics sont affectés : les écoles, les universités, les médias, aussi bien que tout l’appareil de sécurité. Les actes de violence à l’encontre des minorités ne sont souvent même pas enregistrés et dénoncés à la police. John Sifton de Human Rights Watch remarque dans un de ses exposés : « Que les lois ne soient pas appliquées avec efficacité, c’est un immense problème. Les fonctionnaires n’ont pas l’obligation de rendre compte de leurs actes. Les policiers jouissent de l’immunité, si bien que leur comportement corrompu et leur disposition à la violence sont légitimés. » 

Licences, dons, visas bloqués

Plus de 9000 organisations humanitaires doivent déjà cesser leurs activités. Leurs licences ont été retirée. Beaucoup de dons provenant de l’étranger à l’attention des ONG sont bloqués depuis plus de deux ans. Il n’est donc plus possible de faire parvenir des dons internationaux à ces organisations. La liste des ONG touchées est longue. Le cas le plus récent est Compassion International ; mais Greenpeace, Amnesty International et Danish Institute of Human Rights (DIHR) sont également concernées. Lors de la délivrance de visas, on constate que de plus en plus de « personnes indésirables » sont bloquées par l’Inde. À ce sujet, le gouvernement indien a donné un signal fort lorsqu’il a même refusé les demandes de visas de membres de la Commission des États-Unis sur la liberté religieuse internationale (USCIRF). 

Commission sur la liberté religieuse : « Accroissement de la violence »

En début d’année, l’USCIRF a publié un rapport sur les pays qui violent la liberté de religion. L’Inde y figure dans le groupe « Tiers-2 », c’est-à-dire qu’il y existe des accusations de violation des droits de l’homme. Entre autres, on relève que « la liberté de religion en Inde a pris une tournure négative. La violence contre la liberté de religion a fortement augmenté. » En 2015, selon ce rapport, la violence contre les minorités a augmenté d’environ 17 %.  Officiellement, l’Inde n’a pas accepté ce rapport. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères indien a été cité dans un article du journal The Indian Express : « Le rapport de l’USCIRF est incompétent pour saisir l’Inde, sa Constitution et sa société. » L’Inde serait une société pluraliste dynamique fondée sur de forts principes démocratiques. « La Constitution indienne garantit les droits de l’homme fondamentaux pour tous ses citoyens, inclusivement la liberté de religion. » Dans cet article, de nombreux points ont été mentionnés. 

La loi « anticonversion » sous le feu

À l’origine, la loi « anticonversion » a été instaurée pour éviter des conversions sous la contrainte. Cette loi est déjà en vigueur dans sept États fédérés indiens.  Mais cette « loi bien intentionnée » est principalement mésusée pour empêcher les hindous de se convertir à une autre religion. Heiner Bielefeldt, le rapporteur spécial des Nations Unies sur la liberté de religion ou de conviction, souligne que cette loi limite de façon grave le droit des Indiens qui voudraient changer de religion. Mais surtout, cette loi interdit à tout Indien de répandre le message contenu dans sa propre conversion. En se référant à l’exemple de Gujarat, un des États fédérés concernés, M. Bielefeldt déclare : « Si quelqu’un change de religion, il doit se soumettre à une procédure bureaucratique humiliante. La personne concernée doit se présenter et justifier le changement de religion, comme si l’État était capable de juger de l’authenticité d’une conversion. »  Dans certains cercles politiques, des voix s’élèvent de plus en plus pour exiger que la loi « anticonversion » entre en vigueur dans l’Inde entière. Cette loi est une loi très dangereuse. Elle représente un énorme danger pour la liberté de religion qui, étant ancrée dans la Constitution, est pourtant fortement soulignée par M. Modi. « Si Monsieur Modi prend au sérieux la tolérance religieuse, il devrait en premier lieu abolir cette loi », dit l’activiste des droits de l’homme Cedric P.  

Pour le bien de l’Inde

Le 8 juin 2016, Narendra Modi a tenu un discours devant le Congrès américain. Entre autres, il a dit : « Pour mon gouvernement, la Constitution est le livre vraiment saint. Dans ce livre sont conservés comme droits fondamentaux la liberté de religion, la liberté d’expression, le droit de vote et l’égalité de tous les citoyens, indépendamment de leur arrière-plan. L’Inde est un pays moderne où existent la liberté, la démocratie et l’égalité, comme essence de notre âme. » Il reste à espérer que les actes suivront ces paroles du Premier ministre Modi.  Inés Wertgen
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