Les bouddhistes radicaux répandent la terreur

11 septembre 2018

Les minorités religieuses sont de plus en plus souvent la cible de nationalistes cingalais qui propagent un bouddhisme radical. Souvent, la police capitule. Elle en vient parfois même à prendre le parti des nationalistes en opprimant leurs victimes.



« J’ai trop peur, j’ai dû me résoudre à envoyer ma famille à l’étranger. Le gouvernement nous a tellement menacés que nous ne nous sentions plus en sécurité », rapporte un avocat chrétien célèbre qui s’engage depuis de nombreuses années en faveur des minorités religieuses opprimées. Autrefois, il ne craignait pas de parler ouvertement. Mais les menaces l’ont tellement intimidé que maintenant, il préfère se taire. « Avec leur stratégie d’intimidation, les extrémistes effrayent tous ceux qui ne sont pas bouddhistes… et souvent, les menaces sont mises à exécution. »

Au cours des dernières années, l’attitude hostile des bouddhistes cingalais radicaux a augmenté de façon effrayante. Ils répandent un bouddhisme nationaliste dans lequel les autres religions n’ont aucune place.

Fausse accusation

Le pasteur Digal souffre également de cette situation terrible : après un trajet en train, il a par exemple été arrêté à la gare ; on l’a accusé d’avoir vendu de la drogue et volé des objets de valeur dans le train. Ces accusations infondées ont suffi pour l’incarcérer durant plusieurs semaines. Il est à nouveau en liberté, mais il souffre des suites de cette expérience douloureuse : le fait de pouvoir en tout temps être incarcéré sur la base de simples soupçons le hante. D’ailleurs, ses ennuis ne sont pas terminés : il doit se présenter chaque mois au poste de police.

Des attaques contre des musulmans

Les musulmans sont aussi aux prises avec la violence des extrémistes bouddhistes. Ainsi, en mars 2018, des attaques violentes ont eu lieu à Kandy, au nord-est du Sri Lanka. Trois personnes ont été tuées, de nombreux magasins, maisons et mosquées ont été incendiés et plusieurs musulmans ont été blessés.

C’est la mort d’un chauffeur de camion bouddhiste tué lors d’une dispute avec des musulmans qui a déclenché ces actes de violence. L’état d’urgence avait été décrété pour trois jours. La haine contre les musulmans a été attisée par les réseaux sociaux, de sorte que des extrémistes bouddhistes sont venus de toutes les parties du pays pour participer aux attaques. Encore plus inquiétant : des politiciens de haut rang ont soutenu ces actes de violence contre les musulmans.

Nos partenaires sur place

Au Sri Lanka, CSI collabore avec l’Alliance évangélique locale pour aider les minorités religieuses opprimées. Nos partenaires apportent une assistance juridique et emmènent en lieu sûr les membres de minorités religieuses les plus menacés. Par ailleurs, ils s’engagement en faveur de la promotion de paix parmi les responsables des différentes religions.

 

Inés Wertgen, responsable CSI pour le Sri Lanka

* Nom fictif

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Mission Sri Lanka