La Cour suprême confirme l’acquittement d’Asia Bibi

29 janvier 2019

Le 29 janvier 2019, la Cour suprême du Pakistan a rejeté le recours contre l’acquittement d’Asia Bibi. Cette chrétienne était incarcérée depuis plus de neuf ans pour des accusations de blasphème.



En juin 2009, après une dispute avec des travailleuses agricoles musulmanes et au cours de laquelle Asia Bibi s’était réclamée chrétienne, elle est accusée d’avoir offensé le prophète Mahomet. Les musulmanes avaient refusé de boire de l’eau au même gobelet qu’Asia Bibi car, selon elles, l’eau était devenue impure après qu’Asia en ait bu. L’accusation de blasphème s’est rapidement répandue. Lors de l’arrestation, la police a dû intervenir énergiquement pour protéger la chrétienne sans défense de la foule islamiste furieuse.

Ils ont laissé leur vie pour Asia Bibi

En novembre 2010, Asia Bibi, mère de deux enfants, a été condamnée à mort. Des personnes du monde entier, dont le pape François, se sont engagées pour sa libération. Or le sort de deux politiciens hauts placés, Salman Taseer (musulman) et Shahbaz Bhatti (chrétien), a démontré cruellement combien l’engagement en faveur d’Asia Bibi pouvait être dangereux au Pakistan même. Ils ont été assassinés en 2011 par des extrémistes musulmans pour s’être mobilisés en faveur de la libération d’Asia Bibi.

En octobre 2014, la cour supérieure de Lahore a confirmé la sentence de mort contre Asia Bibi. Toutefois, l’année suivante, cette même cour a ajourné sine die l’application de la sentence et demandé un nouveau procès. 

De violentes protestations de masse après l’acquittement

Quatre ans plus tard, en 2018. La Cour suprême d’Islamabad a acquitté la chrétienne Asia Bibi (51 ans) de tous les chefs d’accusations, levé la peine de mort et ordonné sa libération immédiate. Ce verdict, annoncé fin octobre 2018, a déclenché des protestations massives de groupes islamistes. Le religieux islamiste radical Khadim Rizvi du parti Tehreek-e-Labbaik Pakistan (TLP) a réclamé le licenciement des juges et la mort d’Asia Bibi.  

Les protestations de masse et les blocus de rues ne se sont terminés qu’après que le gouvernement et le TLP aient conclu un accord contenant une demande de révision de la sentence et un empêchement pour Asia Bibi de quitter le Pakistan. À la suite de cet accord, le gouvernement du Premier ministre Imran Khan s’en est pris davantage au TLP. Selon les indications des autorités, plus de trois mille membres du parti ont été arrêtés. Le chef du TLP Khadim Rizvi et d’autres responsables ont été accusés d’incitation au trouble.

CSI salue la décision

Le 29 janvier 2019, la Cour suprême d’Islamabad a déclaré non recevable la demande de révision des islamistes contre l’acquittement d’Asia Bibi et a levé l’interdiction de sortie du pays. Depuis le début, CSI s’était engagé en faveur de la libération d’Asia Bibi et de sa famille. L’organisation salue donc la décision de la Cour suprême. Asia Bibi est acquittée de façon définitive et a le droit de quitter le Pakistan.

Un haut dispositif sécuritaire

Par crainte de protestations renouvelées, des milliers de forces de sécurité ont été envoyées dans les villes pakistanaises, le 29 janvier. Le ministre de l’Information de la province du Panjab, Fayyaz Chohan, a déclaré qu’on ne permettrait plus que des manifestations aient lieu comme en octobre 2018 de la part de groupes comme le TLP.  

csi/aeg/sda/dpa

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