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CSI écrit au ministre des Affaires étrangères

15 avril 2020

Christian Solidarity International (CSI), une organisation chrétienne de défense des droits de l’homme, exprime son inquiétude concernant la « Déclaration conjointe » sur la Syrie. Elle demande instamment que l’impact des sanctions économiques soit réexaminé au moment où le coronavirus frappe.



CSI-France a écrit au ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian pour lui faire part de sa vive inquiétude quant à la politique française à l’égard de la Syrie telle que reflétée dans la « Déclaration conjointe à l’occasion du neuvième anniversaire de la révolution syrienne » publiée le 15 mars 2020 par la France, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne.

Des lettres similaires en réaction à la « Déclaration conjointe » ont été envoyées aux ministres des Affaires étrangères du Royaume-Uni, de l’Allemagne et des États-Unis. Voir les liens ci-dessous.

La déclaration conjointe présente une analyse très simplifiée d’un pays et d’une région fort complexes et comporte des lacunes fondamentales :

  • elle néglige le fait que la majeure partie de la Syrie est désormais contrôlée par l’État syrien. Alors que le pluralisme religieux est une réalité dans le territoire sous le contrôle de Damas, les zones dominées par diverses factions islamistes soutenues par l’Occident ont, elles, été purgées des communautés religieuses minoritaires qui y vivaient ;
  • elle prétend que la Coalition internationale et les Forces démocratiques syriennes auraient libéré « tous les territoires autrefois contrôlés par l’État islamique (EI) » et passe ainsi sous silence les victoires de l’armée syrienne et de ses alliés sur l’EI notamment à Palmyre, Deir ez-Zor, au camp de Yarmouk, ou encore à Sweida ;
  • elle ignore le réseau complexe de groupes armés d’opposition, dont beaucoup adoptent les mêmes pratiques extrémistes que l’EI, et qui continuent d’attaquer des zones civiles sous contrôle de l’État syrien ;
  • elle fait également abstraction des conséquences désastreuses pour la population civile des vastes sanctions sectorielles imposées par les États-Unis et l’UE au cours des neuf dernières années.

Les sanctions et autres mesures coercitives n’ont pas réussi à faire évoluer la Syrie vers plus de démocratie, mais ont au contraire contribué à l’une des pires catastrophes humanitaires de notre époque, et des millions de civils déplacés et vulnérables ont vu leur accès à la nourriture et aux médicaments fortement réduit.

Les violations des droits de l’homme commises par le gouvernement syrien sont bien évidemment intolérables. Elles ne doivent pourtant pas nous aveugler sur le coût humain des politiques mises en œuvre par différentes puissances étrangères, dont la France, dans le but de renverser le gouvernement syrien. Tout en demandant instamment une révision complète de la politique étrangère française, nous appelons le ministère des Affaires étrangères à financer et à publier une étude indépendante sur l’impact des sanctions économiques sur la population civile syrienne.
Lettre adressée à M. Jean-Yves Le Drian, Ministre des Affaires Etrangères de la France

Lettre adressée à M. Heiko Maas, ministre des Affaires étrangère de l’Allemagne

Lettre adressée à M. Dominic Raab, secrétaire d’État des Affaires étrangères et du Commonwealth

Lettre adressée à M. Mike Pompeo, secrétaire d’État des États-Unis

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