• Nigéria

À manger pour des milliers de déplacés

27 juin 2021

Les mauvaises conditions économiques et, surtout, le déplacement massif de populations par les islamistes ont exacerbé la pénurie alimentaire dans les régions en crise du Nigéria. Les États fédérés de Borno, de Kaduna et de Plateau sont particulièrement touchés. Dans ces régions, CSI a pu fournir de la nourriture à près de 15 000 personnes dans le besoin en 2020.



Au Nigéria, CSI travaille notamment avec le diocèse de Maiduguri (dans le Nord-Est) et de Kafanchan (dans le centre du pays, au sud de Kaduna), ainsi qu’avec l’Emancipation Center for Crisis Victims in Nigeria ECCVN (État fédéré de Plateau). Notre but est de fournir une aide alimentaire aux personnes les plus précarisées. À Maiduguri, il s’agit essentiellement des victimes des attaques terroristes de Boko Haram, alors qu’à Kafanchan et dans l’État de Plateau, il s’agit plutôt des survivants des attaques des islamistes peuls. La plupart d’entre eux sont des chrétiens.

Une grave crise économique

Selon le diocèse de Kafanchan, le taux de pauvreté au Nigéria a largement doublé depuis le début de l’administration du président Muhammadu Buhari en 2015. Des millions de Nigérians n’ont pas assez à manger. Dans le nord-est du pays, selon nos partenaires à Maiduguri, les pénuries alimentaires sont particulièrement importantes entre juillet et octobre. Pendant cette période, la plupart des stocks sont épuisés et les prix des aliments deviennent exorbitants.

Les attaques aggravent la situation

La crise alimentaire est également liée à l’augmentation des attaques islamistes de Boko Haram et des extrémistes peuls, explique Solomon Dalyop Mwantiri de l’ECCVN. Les meurtres quotidiens et la destruction des ressources ont laissé de nombreuses personnes sans aucun moyen de subsistance, ajoute le responsable du diocèse de Kafanchan. Le nombre de personnes à charge a augmenté, car on ne compte plus les veuves et les orphelins qui ne trouvent personne pour les assister.

Ajoutez à cela le fait que la plupart des déplacés sont des agriculteurs qui étaient autosuffisants et qui ont désormais perdu leurs terres. Soloman Dalyop Mwantiri ajoute : « Plus de mille agriculteurs ont vu leurs terrains saccagés au cours des deux dernières années. La crise économique actuelle prend rapidement l’aspect d’un véritable risque de famine imminent pour les chrétiens locaux. » La destruction des champs est principalement due aux attaques des islamistes peuls, mais aussi à celles de Boko Haram.

Nous aidons plus de 10 000 personnes

CSI travaille depuis un certain temps avec les deux diocèses et l’ECCVN pour venir au secours des personnes déplacées et affamées en leur fournissant de la nourriture et des colis humanitaires. Depuis le début de 2020, 930 personnes ont été nourries à Maiduguri, dont 93 souffrent de handicaps physiques. À Kafanchan, 3 152 Nigérians ont reçu de la nourriture de la part de CSI depuis le début de l’année dernière. Dans l’État fédéré de Plateau, 10 384 déplacés ont reçu une aide alimentaire de notre part pendant cette période. Les bénéficiaires ont principalement reçu du riz, du maïs, des haricots, des céréales, de l’huile, du sucre, du sel et des condiments. En outre, 1 166 familles de l’État fédéré de Benue ont reçu des semences ; certaines d’entre elles avaient été chassées et ont pu rentrer. Plusieurs personnes blessées ont aussi reçu des soins médicaux grâce à l’aide financière de CSI.

Le soutien peut varier en fonction de la personne concernée, mais « la nourriture fournie par CSI est distribuée équitablement à tous ceux dont nous nous occupons », précise le responsable du diocèse de Kafanchan.

Reto Baliarda


Des aliments pour un veuf de 45 ans

Bala Joseph vit à Kauru, dans le sud de Kaduna. Il est l’une des victimes d’un attentat qui a nécessité notre intervention pour distribuer de la nourriture l’année dernière. Cet homme de 45 ans a enduré des souffrances inimaginables. Son village a été attaqué par des extrémistes peuls une nuit de décembre 2020. « Lorsque mon épouse a entendu les coups de feu, elle s’est cachée dans une pièce avec nos trois enfants, se souvient-il. Mais les assaillants sont entrés de force dans la maison. Ils ont découvert ma femme et mes enfants et les ont abattus de sang-froid. Ils ont ensuite mis le feu à ma maison. Ma femme était enceinte de notre quatrième enfant. » Bala Joseph pleure amèrement en nous racontant ce qu’il a vécu, mais il ne veut pas abandonner : il tente de se battre pour revenir à la vie et pour reconstruire sa maison incendiée. « Je remercie CSI pour l’aide alimentaire et le soutien. »

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